Innovations technologiques dans le transport écologique

Pour être en phase avec les Agendas 21 et les chartes bruit des villes, les services espaces verts et propreté des collectivités remplacent progressivement leur parc à l’énergie thermique par des équipements plus propres et silencieux. Pour répondre à leurs besoins, l’offre se structure et les fabricants et distributeurs redoublent d’efforts.

ENTRETIEN DES ESPACES VERTS : DES ENGINS PLEINS D’ATOUTS : Exemple avec le triporteur électrique

Propres, silencieux, passe-partout et faciles à manier… Les raisons qui conduisent les services des espaces verts à s’équiper en utilitaires électriques sont nombreuses. Les petits utilitaires électriques bénéficient
d’un accueil favorable des habitants. Depuis 1998, un décret d’application de la loi sur l’air impose aux collectivités locales d’ache ter au moins 20 % de véhicules peu polluants (GPL, CNV, électrique ) lors du renouvellement de leur flotte. Mais ce quota n’a pas donne tous les résultats escomptes. Les villes parvenant a le respecter étant rares. Pour autant, elles sont de plus en plus nombreuses a opter pour des utilitaires électriques. Elles en affectent alors une partie au service des espaces verts, l’autre a la propreté Nice (Alpes Maritimes) vient d’aller plus loin en réalisant une commande groupée. En effet, la municipalité et la communauté urbaine se sont associées pour acheter cinq utilitaires, dont trois sont destines a l’entretien des espaces verts Ailleurs, de plus petites communes sont aussi preneuses. A Gourdon, un village perché sur les hauteurs d’Antibes (Alpes Maritimes), le maire Eric Mêle vient de remplacer des véhicules diesel par des engins électriques a bennes pour transporter le matériel de jardinage : « Notre commune eut comme un grand jardin et pour s’y faufiler sans déranger les nombreux visiteurs, ce véhicule a tout faire est idéal », se félicite-t-il. A l’achat, une fois déduit l’aide de l’Ademe (entre 2000 et 3000 euros) et la prime a la casse, il lui en a coûté 15 000 euros pièce « Le “plein” de la batterie revenant a peine à plus d’un euro, ce surcoût sera vite amorti » Autre atout marche de niche oblige, fabricants et fournisseurs mettent le turbo se plient en quatre pour tirer parti de la modulante de ces engins. Ils répondent ainsi aux besoins très précis des collectivités. Dans les Alpes-Maritimes, un des départements les plus actifs en la matière les usages varient d’une commune a l’autre : au Cannet, on entretient le cimetière, alors qu’a Villefranche sur Mer, on arrose les jardinières et les suspensions Selon la tache a effectuer, le véhicule sera différent. Cette marge de manœuvre permet par exemple a la ville de Gennevilliers (Hauts de Seine) d’imposer a un prestataire l’utilisation d’une « golfette » électrique pour surveiller ses jardins tout en recourant a un modèle plus robuste pour entretenir son parc. Autre terrain d’élection, les parcs zoologiques le fonctionnement silencieux des triporteurs n’effrayant pas les animaux. La ville de Chauvigny (Vienne) a acquis un triporteur Pelican fabrique par Heuliez pour nourrir les chèvres et les moutons qui égaient son jardin public.

Un choix analogue a été fait a Lyon pour le jardin zoologique du parc de la Tête d’or. De l’avis des élus, ces
véhicules dont la fiabilité fut un temps critiquée, ne posent plus de gros problèmes techniques « Au contraire fini les soucis d’embrayage, de vidange de pots d’échappement qui s’encrassent » motive Serge Rousse, adjoint a l’urbanisme a Hazebrouck (Nord). Déjà équipée d’un petit utilitaire Goupil cette ville souhaite en acheter un second « Leur conduite est simple et leur autonomie suffit pour deux a trois jours de travail. Certes, en hiver, les batteries se fatiguent plus vite et il nous arrive de les recharger deux fois dans la journée ». Au sain des équipes municipales acquérir de bons réflexes peut prendre un certain temps « Avant de recharger la batterie la nuit, il faut penser a éteindre le plafonnier et a bien verrouiller le hayon élévateur pour ne pas qu’ils continuent a pomper de l’énergie. On fait l’erreur au début, puis on s’y fait vite. Surtout, il faut veiller a ce que le cordon de charge soit bien branche sinon le collègue qui retrouve le véhicule le matin risque d’être bloqué ! » indique Jean-Luc Fournier, directeur communication du transporteur Deret et de sa filiale Electruckcity distributeur d’utilitaires qui innove sur d’autres marchés ciblant les collectivités (lire encadre). L’entretien des batteries exige aussi de la rigueur. Les utilitaires Goupil sont vendus avec une garantie de quatre ans. Passé cette date, un remplacement
coûtera entre 2000 et 3200 euros. Mais cette dépense n’interviendra en principe qu’au bout de 1500 cycles de charge, « soit une durée de vie de six à sept ans » relativise Thierry Tison, directeur commercial de
Goupil Industrie. Reste que ce coût est propre à l’achat des véhicules. Il existe d’autres modes d’acquisition.
Avec l’appui d’organismes financiers, les fournisseurs proposent des formules de crédit-bail mensuel, et, de plus en plus, de location longue durée (comme les locations avec option d´achat pour les voitures). Des formules comprenant une prestation de maintenance et d’assurance. Côté technologie des batteries, plusieurs options se présentent. Pour sa part,
Goupil Industrie a misé « sur celle au plomb ouvert, mieux éprouvée et plus économique que celle au lithium-ion. On en propose plusieurs types, rechargeables sur une prise standard », précise Thierry Tison. Outre une clientèle privée, ce leader de l’utilitaire électrique a séduit 350 villes en Europe Nice, Pans, Colmar, la Baule et surtout Bordeaux figurent parmi les mieux dotées, cette dernière possédant une trentaine de véhicules. En règle générale, les batteries des utilitaires sont plutôt rechargées la nuit, à l’abri, dans le dépôt des services techniques. Auprès des habitants, le gain en termes d’image est précieux. En attirant la sympathie, ces véhicules à l’allure futuriste incitent à porter un autre regard sur le métier des agents « Les gens apprécient et posent des questions. Cela motive pour aller plus loin et équiper d’autres fonctionnaires municipaux, le garde-champêtre par exemple. On renoue ainsi avec l’image d’Épinal propre à ces métiers qui créent du lien social », confirme Éric Mêle « Le caractère communiquant de ces véhicules est d’autant plus fort qu’ils sont facilement personnalisables. Les villes demandent d’apposer soit un simple logo à leur image, soit un message plus sophistiqué nécessitant de faire plancher nos designers. On répond dans tous les cas à leur demande, car le sur-mesure est notre valeur ajoutée », conclut Jeremy Euzeau, directeur marketing d’Eco & Mobilité, qui a conçu avec Heuliez le Pélican, dont l’étonnante silhouette est visible dans des dizaines de villes et jardins municipaux.

Description du modèle CycloCargo de la société Cyclopolitain :

  • Poids : 126 kg
  • Capacité : 180 kg – 1m3
  • Autonomie : 50 km
  • Vitesse maximale : 25 km/h
  • Prix : 7900 €
  • Coque : Polyéthylène
  • Châssis : Aluminium
  • Mécanique : Acier
  • Assistance électrique : Puissance : 250W

[via L’ENVIRONNEMENT MAGAZINE, Mai 2010]

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