Arnaud Mattern aurait pu rester un nom parmi tant d’autres. Au lieu de quoi, il impose sa patte dans l’histoire du poker français, démarrant bien loin des projecteurs : Paris, 20 septembre 1979. Ce n’est pas dans des salles de cartes qu’il fait ses premières armes, mais à l’université, plongé dans l’étude des langues. Pourtant, assez vite, les cartes prennent le dessus. Il se frotte d’abord au backgammon, glisse peu à peu vers le tapis vert. Quand le poker l’appelle, il répond présent, et le destin ne perd pas de temps. 2006 : champion de France de poker. Dès ce moment, sa trajectoire change de dimension. Les invitations dans les plus grands tournois internationaux pleuvent. Ses performances ne sont pas de simples coups d’éclat : il s’installe régulièrement autour des tables finales, accumule des gains non négligeables. Deux exemples concrets pour situer le personnage : à l’EPT Tallinn, en août 2010, il empoche 212 067 dollars en terminant troisième ; quelques semaines plus tard, il décroche encore plus de 83 000 dollars pour une douzième place aux WSOPE. Sa montée en puissance ne doit rien au hasard : il peaufine son jeu main après main, jusqu’à franchir la frontière qui sépare l’amateur du professionnel. Vivre du poker n’est pas une lubie pour lui, mais la suite logique de centaines d’heures à dompter variance, adversaires et tension des tournois.
Pendant de longues années, Mattern porte l’équipement de PokerStars. C’est avec ce site qu’il construit une partie essentielle de sa légende, arpentant les tables virtuelles, voyageant de tournoi en tournoi sous les couleurs de la marque au pique rouge. À présent, une nouvelle étape commence : la collaboration prend fin, sans amertume, mais non sans flash-back. Même sans badge au revers, il se mesure encore régulièrement aux joueurs en ligne, toujours sous le pseudonyme « FrenchKissFR ». Son attachement à PokerStars ne faiblit pas : il classe toujours la plateforme parmi les incontournables du poker sur internet, apprécie sa fiabilité et la recommande sans hésitation aux nouveaux venus, comme aux habitués à la recherche de sensations en ligne.
Pour toutes celles et ceux qui ne se sentent pas prêts à miser de l’argent dès les premières parties, plusieurs solutions existent afin de progresser dans le jeu et d’acquérir de la confiance, étape après étape. Il est possible de s’inscrire aux parties gratuites disponibles sur la plateforme, d’approcher la compétition via les tournois dits « free-rolls », réservés à ceux qui veulent engranger de l’expérience à moindre risque, voire repartir tout de même avec un peu d’argent réel à la clé. Le poker en ligne sert d’accélérateur : ici, chaque session démultiplie les mains, les profils d’adversaires, les situations stratégiques. Ouvrir plusieurs tables en simultané, changer de style pour s’adapter à des joueurs très différents, assimiler les codes des tournois comme du cash-game : tout va plus vite que dans les casinos traditionnels. Là où une année autour de la même table ne voit guère évoluer les scénarios, un mois en ligne propulse un joueur dans une variété d’expériences qu’il lui faudrait parfois une vie pour explorer autrement. On gagne du temps, on affine ses réflexes : c’est sur internet que nombre de joueurs forgent leur sens de l’analyse, développent une lecture fine des coups… ou apprennent à leurs dépens le coût d’une erreur.
Arnaud Mattern ne quitte pas vraiment la scène : il s’y attarde, différemment. Avec ou sans sponsor, il continue d’incarner ce mélange d’indépendance et de ténacité qui fait la marque des joueurs au long cours. Celui qui a su concilier passion et rigueur rappelle, par sa trajectoire, que le poker n’est pas qu’une histoire de hasard mais surtout une affaire de persévérance. À chaque nouvelle session, il réinvente la partie, prêt à pousser à nouveau ses jetons et à écrire la suite, carte après carte.

