Trois millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, pour 700 000 unités vendues en 2025. Derrière cette adoption massive se cache pourtant un angle mort préoccupant : selon la Sécurité Routière, 59 % des conducteurs d’EDPM impliqués dans un accident en 2024 n’étaient pas assurés. Or l’assurance est obligatoire depuis 2019, et les sanctions sont loin d’être symboliques.
Une obligation légale souvent ignorée, des risques financiers colossaux
Le décret du 23 octobre 2019 a classé les trottinettes électriques parmi les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM), leur appliquant immédiatement l’obligation d’assurance responsabilité civile prévue par l’article L211-1 du Code des assurances. Depuis cette date, toute trottinette électrique circulant sur la voie publique doit être couverte, sans exception ni période de grâce.
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Rouler sans assurance expose à une amende pouvant atteindre 3 750 euros, auxquels peuvent s’ajouter la confiscation de l’engin et la suspension du permis de conduire. En cas d’accident corporel, le Fonds de Garantie des Assurances Obligatoires (FGAO) indemnise les victimes puis se retourne contre le conducteur responsable non assuré : les montants réclamés atteignent couramment plusieurs dizaines de milliers d’euros pour des blessures graves. Souscrire une assurance trottinette électrique dès l’achat de l’engin est donc bien plus qu’une formalité administrative.
Bonne nouvelle sur le plan pratique : depuis le 1er avril 2024, la vignette d’assurance et l’attestation papier ne sont plus obligatoires. La preuve de couverture est désormais vérifiée via le Fichier des Véhicules Assurés (FVA), consultable par les forces de l’ordre lors d’un contrôle.
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Une sinistralité qui grimpe, des garanties à calibrer selon son usage
Les chiffres de l’accidentologie 2025 sont difficiles à ignorer : 80 personnes ont perdu la vie dans un accident impliquant un EDPM, soit une hausse de 78 % par rapport à 2024. Les blessés graves dépassent les 900 sur les douze derniers mois, en progression de 28 %. Dans ce contexte, se contenter de la responsabilité civile minimale peut s’avérer insuffisant.
La RC couvre uniquement les dommages causés à des tiers. Si le conducteur se blesse lui-même, seule une garantie de protection corporelle l’indemnisera. Pour un engin de valeur, une garantie vol (avec antivol homologué SRA, plainte déposée sous 48 heures) et une couverture casse complètent utilement le contrat de base.
Les tarifs restent accessibles : la RC seule démarre à 6 euros par mois environ, une formule intermédiaire RC + vol se situe entre 8 et 15 euros, et une couverture tous risques tourne autour de 12 à 25 euros selon le profil et la valeur de l’engin. Un conducteur de 22 ans à Paris avec une trottinette à 800 euros stationnée en rue paie environ 20 euros en formule complète ; une conductrice de 35 ans en banlieue avec un engin à 500 euros garé en parking fermé s’en sort pour moitié moins.
Avec plus de 1 500 accidents graves recensés par an et une réglementation qui continue d’évoluer (âge minimum relevé à 16 ans depuis janvier 2025, clignotants désormais autorisés, proposition de loi sur le casque en cours), l’assurance trottinette électrique n’est plus une option à remettre à plus tard. Le coût d’un contrat adapté pèse peu face aux conséquences financières d’un accident sans couverture.

