Assurance vie en 2026 : records de collecte, fiscalité préservée et montée des unités de compte

L’assurance vie continue de dominer l’épargne française avec un encours qui frôle les 2 200 milliards d’euros à fin août 2026, soit une hausse de 5,7 % sur un an. Cette dynamique ne tient pas du hasard : la combinaison d’une fiscalité stable, de rendements redevenus compétitifs et d’une liquidité souvent sous-estimée attire aussi bien les épargnants prudents que les investisseurs à la recherche de performances de marché.

Des rendements qui reprennent l’avantage sur le Livret A

Le retour en grâce des fonds en euros est l’un des faits marquants de ces douze derniers mois. Après un point bas à 1,28 % en 2020 et 2021, le rendement moyen des fonds euros s’établit à 2,65 % en 2025 selon l’ACPR. Surtout, la baisse successive du Livret A, tombé à 1,5 % en février 2026, a inversé la hiérarchie : l’assurance vie reprend l’avantage sur le placement sans risque préféré des Français. Les fonds bonifiés, conditionnés à une part d’unités de compte, affichent quant à eux des taux de 3,5 % à 4,6 % selon les contrats, tirant la collecte vers le haut.

Cette collecte nette a atteint 50,6 milliards d’euros en 2025, un record depuis quinze ans, et déjà 36,5 milliards sur le seul premier semestre 2026. Les rachats ont reculé de 5,2 % l’an dernier : les épargnants conservent leurs contrats, signe d’un regain de confiance durable. 

Unités de compte et fiscalité : deux piliers qui se renforcent

La montée des unités de compte (UC) est structurelle. Elles représentent désormais 40 % des cotisations sur les huit premiers mois de 2026 et 32 % de l’encours total, soit treize points de plus qu’il y a vingt ans. Sur cinq ans, les allocations dynamiques affichent des performances cumulées de 40 % à 80 % nettes de frais selon les contrats. Ce mouvement reflète un changement de comportement des épargnants, davantage disposés à accepter une part de risque pour capter la performance des marchés.

Sur le plan fiscal, l’assurance vie a résisté aux récentes évolutions réglementaires. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 a relevé les prélèvements sociaux sur la plupart des revenus du capital, faisant passer le PFU à 31,4 %. L’assurance vie a été explicitement exclue de cette hausse : ses taux restent inchangés, à 17,2 % de prélèvements sociaux, maintenant le PFU global à 30 %, et à 24,7 % après huit ans pour les versements inférieurs à 150 000 euros. L’abattement annuel de 4 600 euros (9 200 euros pour un couple) sur les gains après huit ans demeure intact. En matière successorale, chaque bénéficiaire profite d’un abattement de 152 500 euros sur les versements effectués avant 70 ans, un avantage sans équivalent dans l’arsenal de l’épargne réglementée.

Ce que les chiffres ne disent pas toujours

Avec 57 millions de contrats en cours et 20 millions de détenteurs fin 2025, l’assurance vie touche toutes les catégories sociales. Mais sa performance reste très dépendante du contrat choisi : un écart d’un point de rendement sur 50 000 euros représente 500 euros par an, et plusieurs milliers d’euros sur dix ans. Autre point souvent ignoré : ouvrir un contrat avec un versement symbolique aujourd’hui, même de 500 euros, permet de prendre date fiscalement. Le compteur des huit ans démarre immédiatement, et tous les versements futurs bénéficieront de cette antériorité. L’argent reste accessible à tout moment par rachat partiel ou total, sans pénalité légale, contrairement au PER ou au PEA avant cinq ans.